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13.02.2012, 19:00 - Cinémas
Actualisé le 13.02.12, 19:17

Un film suisse à la Berlinale après dix ans de disette

L'équipe de «L'Enfant d'en haut» lors de la présentation aujourd'hui à Berlin.
Crédit: Keystone

Avec «L'enfant d'en haut» d'Ursula Meier, la Suisse est à nouveau présente en compétition à la Berlinale après dix ans d'absence. Les critiques sont unanimes après la première aujourd'hui: cette coproduction franco-helvétique est l'un des meilleurs films suisses depuis longtemps.

Le long métrage qui sort le 4 avril dans les cinémas romands passe aussi pour l'un des meilleurs en compétition montrés jusqu'à présent au festival international du film qui a débuté jeudi dans la capitale allemande.

Il se déroule durant toute une saison d'hiver, de Noël à Pâques. L'action se situe à la fois en haut, dans une luxueuse station de ski où les riches touristes profitent du soleil et de la neige, et  en bas, sous le stratus d'une plaine industrielle.

Voler les riches

Simon, 12 ans, et sa soeur adulte Louise vivent dans un appartement miteux. Le garçon aime se rendre à la montagne au soleil. Louise se fait entretenir par des amants louches et lorsqu'elle a de l'argent, elle se saoule jusqu'à en tomber dans le coma.

Simon mène un commerce lucratif: il vole aux riches touristes des skis, des casques, des gants et des lunettes de soleil pour les revendre en bas dans la vallée. En haut, il se fait passer pour un fils de riches, alors qu'en bas, il assume lui-même le rôle de parent: il s'achète à manger, fait la lessive et répare les skis volés.

Sans compromis et avec des images non spectaculaires, le film suit le quotidien du petit voleur dans la télécabine de la plaine à la station et à nouveau en bas ainsi que l'existence triste de sa soeur, qui ne supporte même pas la proximité du garçon.

Dans une des scènes clefs du film, elle laisse son frère dormir dans son lit seulement parce qu'il lui donne de l'argent. Simon laisse des billets au bord du lit exactement comme les amants de la  jeune fille.

Autre image de la Suisse

Ursula Meier ne veut pas que «L'enfant d'en haut» soit compris  comme un drame social ou comme un film sur son pays, a-t-elle  expliqué à Berlin. Mais selon elle, le long métrage doit bel et bien montrer une autre image de la Suisse, où vivent aussi des personnes défavorisées qui n'ont plus rien à manger.

Les scènes de plaine ont été tournées en Valais et celles de  montagne à Verbier (VS) mais aussi d'autres stations de ski, car la réalisatrice franco-suisse ne s'intéressait pas à une région spécifique.

Le Vaudois Kacey Mottet Klein, 13 ans, qui avait déjà joué dans  le précédent film d'Ursula Meier «Home» (2008), incarne Simon. Le  personnage de Louise et interprété par la Française Léa Seydoux, qui  joue aussi le rôle principal dans le film d'ouverture de la  Berlinale «Les adieux à la reine».

«L'enfant d'en haut» a de bonnes chances de remporter l'ours  d'or, même si le festival n'en est qu'à sa moitié. D'une part, parce  que les films en compétition montrés jusqu'à présent n'ont pas été  exceptionnels, et d'autre part, parce que le film devrait plaire aux  membres du jury comme Charlotte Gainsbourg, François Ozon, Barbara  Sukowa et le président du jury Mike Leigh.

Source: ATS



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